ce qu'attendent les jurys...


Les concours se préparent en deux sinon trois ans et les méthodes de travail, le rythme de travail doivent être acquis dès la 1re année. La réussite est pour ceux qui savent s'organiser, équilibrer leur temps de travail sur toutes les "matières", s'investir réellement. Elle est aussi pour ceux qui ne se désuniront pas dans leurs efforts, qui ne se décourageront pas... car les années prépas imposent beaucoup à ceux qui les découvrent. L'objet de cette rubrique est de vous apporter quelques conseils et informations.


Les attendus des Jurys peuvent varier d'une banque d'épreuves à l'autre. Chaque « concours » a ses spécificités ! Il est donc indispensable de savoir ce qu'attendent les Jurys pour orienter votre travail et tout particulièrement vos « prestations » tant à l'écrit, à l'oral, qu'en Travaux-Pratiques.

Pour cela, vous devez impérativement lire et relire les rapports des Jurys (rubrique « les concours » / « rapports des concours... »). Pour chaque type d'épreuve, après chaque session, ces rapports précisent la nature des épreuves, les modalités d'évaluation, les attentes (et conseils) des Jurys. Ces informations sont essentielles et conditionnent votre réussite !

Ci-après, deux mémos pour mieux fixer ces attendus...

 

Ecrit Agro-Véto, sujet de synthèse (sciences de la vie)

L'épreuve de synthèse en biologie prend en compte les connaissances restituées mais vise également à valoriser des compétences liées à la réflexion scientifique. Parmi ces compétences, sont évaluées les capacités à :

  • initier la réflexion en dégageant une problématique, présenter des pistes permettant de répondre à cette problématique… (objectifs assignés à l’introduction) ;
  • développer une argumentation scientifique structurée, dont l’unité est le paragraphe. La construction de ces paragraphes doit montrer à la fois une pertinence et une rigueur scientifiques (mécanismes, modèles et preuves expérimentales) mais également respecter une cohérence d’ensemble (traitement du sujet en relation constante avec la problématique) ;

Un maximum de points peut être attribué même si tous les paragraphes ne sont pas d’une qualité optimale ; il s’agit donc de veiller à :

  • la construction d’un exposé dont la structuration apparente et l’articulation entre les paragraphes traduisent la pertinence du cheminement scientifique ;
  • la mise en perspective de l’argumentaire avancé avec la problématique énoncée pour conclure et proposer d’autres pistes de réflexion en relation avec le sujet dans la conclusion.

Enfin, cette épreuve écrite, vise aussi à évaluer les compétences d’un candidat sur les plans de la communication rédigée et de la communication graphique.

=> Un sujet de synthèse est donc un sujet qui implique, sur une problématique bien définie, d’organiser des idées selon sur une démarche cohérente, structurée et argumentée. Il est rédigé, accompagné de schémas légendés, titrés et dont le code de lecture est clairement affiché. Classiquement, il enchaîne une introduction, un développement en 3 ou 4 parties et une conclusion. Chaque partie du développement présente une conclusion partielle et une phrase de transition vers la partie suivante.

Rappel concernant la forme : la règle d'or... => une copie agréable à corriger est bonifiée (et inversement... !)

- écriture facile à lire

- plan apparent (titres et sous-titres dégagés du texte et à la couleur -feutres-, sinon soulignés)

- paragraphes courts (10/15 lignes maxi) pour exprimer une idée, apporter un argument

- schémas clairs, à la couleur (feutres et jamais crayon papier), de grande taille, correctement légendés et titrés, suffisamment nombreux

Les bonus : qualité de l’introduction et de la conclusion (assez courtes : environ 15 lignes, et accrochantes), présence de conclusions partielles bien repérées, clarté des titres et sous-titres (porteurs d’idées, éclairant le plan, s’enchaînant de façon cohérente).

Les malus : l’orthographe déficiente, les schémas absents ou peu nombreux, trop petits…, la 3e partie du devoir incomplète et donc bâclée, l’absence de conclusion rédigée.

=> CONSEILS : La forme d’une copie est le résultat d’un bon entraînement, d’une volonté présente à l’esprit tout au long du devoir, mais aussi affaire de temps : il faut notamment s’arrêter d’écrire 10 min. avant le temps de remise de la copie… pour se relire, corriger fautes d’orthographe et lapsus, souligner, ré-arranger un schéma.

Organisation du travail, exemple d’un devoir de type « synthèse » du concours Agro-Veto, durée 3h 00

- 2 minutes maxi pour lire le sujet et s’en imprégner ;

- 5 min pour préparer l’introduction : repérer les termes (définitions générales nécessaires), mettre en relation ces termes (attention à la ponctuation et aux conjonctions utilisées), bien délimiter le cadre de l’étude (il y a parfois des choix à faire), poser la problématique (très généralement, questions de bon sens) ;

- 5 min pour noter les différentes parties du programme (1re et/ou 2e année) en relation avec le sujet : liste à faire. Se repasser rapidement en tête le programme et noter les parties qui ont un rapport avec le sujet. Il ne s’agit pas d’en oublier une : il s’agit de faire une synthèse montrant que vous avez envisagé le sujet dans son ensemble (“sa complétude”) !

- 5 min pour élaborer grossièrement le plan : 3 ou 4 parties suffisent. Chacune répond à une ou deux des questions (problèmes) posées. L’enchaînement des parties doit être cohérent. Vérifier que les parties inventoriées recoupent bien l’ensemble du sujet : attention aux oublis, aux hors-sujets, aux incohérences ;

- 20 min pour établir le plan détaillé. Pour chaque partie : à quoi doit-on aboutir ? (cf préparation des conclusions partielles) ? sur quels arguments s’appuyer (données observationnelles, expérimentales, comparatives…) … pour établir les idées à développer ? suels exemples choisir, pas trop marginaux pour pouvoir facilement argumenter. Penser alors à généraliser si besoin est. Quels schémas clés envisagés ? (données structurales, graphiques de résultats, schémas explicatifs…). Penser aussi à rédiger sommairement les conclusions partielles et prévoir une ou deux phrases (idée) de transition ;

- 3 à 4 min pour construire les grandes lignes de la conclusion (récapituler les idées construites et rappelées dans les conclusions partielles, penser à une ou plusieurs ouvertures selon le sujet) ;

- 2h 10 pour rédiger, faire les schémas… en appliquant les conseils pour la forme. Attention au temps qui passe. Surveillez souvent votre montre pour que chaque partie du devoir ait un temps de rédaction correcte.

=> Poser le stylo 10 min avant la fin et commencer la relecture, la mise en forme du devoir…
 
=> Vous avez compris que seuls sont qui ont une montre et la regarde sont prêts pour un tel sujet !

Critères de réussite permettant l'évaluation de chacune des compétences attendues

- Construire une introduction : dégager une problématique à partir de l'énoncé du sujet et proposer des pistes de réponse

La définition scientifiquement rigoureuse des mots-clefs du sujet demeure un attendu incontournable et indispensable à la délimitation de ce sujet. Ces définitions doivent aussi permettre d’amener à réaliser des constats concernant les objets ou mécanismes biologiques définis en relation avec le sujet pour dégager une problématique pertinente et présenter des axes de réponse à celle-ci.

=> Il ne s’agit donc pas de simplement juxtaposer des définitions. Ces dernières doivent conduire, par une mise en relation, à formuler la problématique (formulation simple, directe).Il est inutile, voire dommageable, de chercher à introduire le sujet à partir d’un fait extérieur, d’une « observation » de sens commun… Evitez les banalités inutiles, sans aucun intérêt pour l’évaluation des qualités scientifiques ou de communication.

=> Il est donc fortement recommandé de partir le plus directement possible du libellé du sujet, de l’analyse de ses termes, des définitions etc., pour construire avec rigueur la ou les problématiques…. qu’il conviendra parfois de restreindre à une échelle donnée, à un groupe d’êtres vivants donnés…

- Construire un paragraphe, unité du développement de l’argumentaire

L’élaboration d’un titre est un des aspects fondamentaux de cette compétence ; sa formulation ne peut rester vague. Elle doit être concise, notionnelle et en relation avec la thématique du sujet. Sur le plan de la démarche suivie à l’intérieur de chaque unité, il est nécessaire de s’appuyer sur une démarche explicative reposant sur une argumentation factuelle précise, certains de ces faits pouvant être d’ordre expérimental. Dans ce cas, le principe de l’expérience et sa relation à ce que l’on cherche à établir doivent être indiqués, et une description très concise du résultat et surtout son lien avec le sujet sont nécessaire.

=> Il est donc important d’éviter les mises en évidence expérimentales « gratuites », les accumulations d’observations et d’expériences non valorisées dans une démarche explicative construite. On peut à juste titre soulager sa mémoire des détails inutiles à l’argumentation.

- Structurer un exposé traduisant le cheminement scientifique de la réflexion

Cette compétence est évaluée en prenant en compte l’aptitude à construire un plan dont les différentes parties répondent réellement à la problématique posée en introduction et dont le contenu – articulé de manière logique – enrichit progressivement la réponse au questionnement initial. L’élaboration du plan doit permettre d’aborder les divers aspects du sujet (dans un ordre logique) sans forcément rechercher l’exhaustivité. Il convient d’être attentif à l’articulation entre les unités paragraphiques (bilans et transitions). Le sens de l’exposé, la logique suivie sont pris en compte dans l’évaluation, en s’attachant véritablement aux qualités de fond et sans considération pour d’éventuelles contraintes « rhétoriques » telles que le nombre des parties (dans une limite évidemment raisonnable), le respect d’un éventuel équilibre entre ces parties…

=> Il est conseillé de savoir montrer son intelligence de la biologie ainsi que son aptitude à construire et présenter une synthèse.

- Construire une conclusion : mettre en perspective problématique et argumentaire ; proposer des pistes d’ouverture en relation avec le sujet

La capacité à construire une conclusion pertinente s’appuie d’abord sur une prise de recul nécessaire sur l’ensemble de l’exposé et des réponses apportées à la problématique posée ; ne pas confondre conclusion et résumé plus ou moins détaillé de l’exposé.

=> La conclusion apparaît ainsi comme une mise en perspective… qui  doit amener logiquement à s’interroger sur un mécanisme, une propriété, une autre échelle d’étude…. en relation avec le sujet précédemment traité (ouverture… crédible).

- Maîtriser la communication graphique

L’évaluation de cette compétence fondamentale dans la construction d’un exposé écrit s’appuie sur la vérification :- du nombre et de la pertinence du choix des schémas- de la qualité et de la précision de ces schémas- de la qualité des légendes et du titre associés aux schémas (ne pas omettre d’indiquer les échelles si nécessaire).

- Maîtriser la communication rédigée

L’évaluation de cette compétence repose sur la vérification d’éléments fondamentaux comme la maîtrise de l’orthographe, en particulier celle des termes scientifiques. Sur le plan de la clarté de l’expression, le vocabulaire scientifique doit rester univoque. Dans le même ordre d’idée, la concision de l’expression demeure un paramètre qui assure au discours « scientifique » précision et rigueur. Le soin apporté à la rédaction de l’exposé (l’écriture) reste enfin une composante non négligeable de cette compétence dans l’objectif d’une compréhension indispensable de la copie par tout lecteur.


Ecrit Agro-Véto, sujets sur documents (sciences de la vie, sciences de la Terre)

Dans un premier temps, relisez bien les extraits des rapports concernant les sujets sur documents (2017 et 2018). Vous noterez que d’une année sur l’autre, les remarques des Jurys changent peu, notamment les points relatifs aux défauts des candidats ou encore le non-respect des attentes du Jury. Soyez particulièrement attentif aux derniers rapports : au-delà des simples attentes du Jury, il peut y avoir des informations concernant la session à venir (modifications de la grille d’évaluation…).

Les points essentiels

  • a priori, une introduction au sujet vous précise le cadre de l’étude, ce qui permet d’appréhender les problématiques envisagées ;
  • l’épreuve, même réduite à 2 x 2h 00, est « longue », ce qui impose une gestion du temps rigoureuse : pensez à disposer d’une montre et surtout consultez-la fréquemment ;
  • l’épreuve débute par le sujet de Géologie ; celui de Biologie est distribué en fin de 2e heure ;
  • des questions accompagnent l’exploitation des documents :  le sujet de Géologie est structuré autour de questions très précises, permettant l'évaluation des acquis fondamentaux du programme via des questions de cours, ainsi que des capacités d'analyse via l'interprétation de documents originaux en lien direct avec le programme… Cependant, pour tester - cf compétences – « …l’autonomie, l’initiative et la réflexion du candidat une question plus ouverte, sollicitant connaissances et exploitation d’au moins deux documents, est proposée » ; le sujet de Biologie est a priori organisé autour de 1 ou 2 thèmes : une question générale explicite est indiquée au début de chacun de ces thèmes et oriente l’exploitation des documents… ce qui n’empêche pas que des questions « viennent guider le raisonnement et/ou centrer les objectifs au sein du devoir ».

Attention, depuis la session 2018, les sujets sont conçus pour que les copies des candidats soient « dématérialisées » (scannées), les correcteurs corrigeant « à l’écran » et non sur la copie originale ! Les énoncés intègrent de fait les questions, mais proposent (= imposent) également des réponses dans des cadres dont les dimensions ont été calibrées ! Les réponses doivent être portées dans ces cadres uniquement. Ce qui nécessite des textes brefs et concis… : si toutes les questions imposent des réponses concises, ces dernières doivent cependant être suffisamment argumentées ; pour toute exploitation d’un document, pensez à fournir des réponses structurées et hiérarchisées.

Pour cela, vérifiez que vous avez… :

  • bien saisi l’objectif de la question, en rapport avec la problématique de la partie, ce qui vous permettra d’éviter tout hors-sujet
  • repéré les données utiles pour répondre à cet objectif ... et que votre réponse (votre interprétation) prend en compte votre sens critique, qu’elle peut conduire à une conclusion, généralement provisoire : l’objectif est-il atteint, totalement ou partiellement, validez-vous ou infirmez-vous une hypothèse, apportez-vous une explication à une conclusion avancée antérieurement, avancez-vous une nouvelle problématique, une nouvelle hypothèse ;

Des bilans « graphiques » (schémas) sont parfois/souvent exigés : ces schémas peuvent être figuratifs mais ils peuvent, pour mieux souligner l’essentiel, être de type « organigramme » (ovales, rectangles… liés par des flèches) ;

Si le barème fait la part belle à la compréhension « scientifique » des documents, ce qui est logique, des compétences sont prises en compte. Les points du barème sont distribués sur 6 groupes de compétences spécifiques, conformément aux attentes des Ecoles :

A : Recueillir des informations, analyser et hiérarchiser

B : Mobiliser des connaissances scientifiques pertinentes pour résoudre un problème, structurer un raisonnement et maîtriser les relations de causalité

C : Exercer son esprit critique, identifier un problème, remettre en cause un modèle

D : Présenter graphiquement les conclusions des analyses réalisées

E : Maîtriser les techniques de communication écrite dans le cadre de la construction d'un argumentaire avec E1 = structure, qualité de l’expression : syntaxe, précision, concision et E2 = soin, orthographe, présentationCes compétences ne sont pas toutes systématiquement mises en œuvre lors de chaque question/réponse. La compétence E est évaluée globalement sur l'ensemble de la copie. 

Commentaires « particulièrement pertinents » du jury…

  • une consigne importante est indiquée en première page : « vous répondrez aux questions posées » => les candidats doivent prendre en compte cette consigne avec beaucoup d'attention, et répondre clairement à ces questions et à elles seules !
  • tous les documents ne sont pas traités de la même façon : certains peuvent être traités rapidement en une étape (en une seule phrase…) tandis que d'autres demandent une analyse plus rigoureuse et une argumentation en plusieurs étapes, par exemple quand plusieurs facteurs variables sont à prendre en compte. Les questions tiennent compte de cela ;
  • sauf s’ils sont exigés par une question, il n’est pas attendu que les candidats décrivent longuement les protocoles expérimentaux : les principes doivent être compris, le lien avec l’exploitation du document doit être clair : savoir exploiter des données, tenir compte des conditions de l’expérience, de la mesure et/ou de l’enregistrement, repérer un témoin, prendre en compte des incertitudes… c’est montrer qu’on maîtrise dispositif et protocole proposés : sauf si des questions précises sont exigées (vérification des connaissances), abstenez-vous donc de reprendre et paraphraser ces éléments !
  • « les schémas doivent être réalisés en couleur, avec soin, titre et légendes claires ».

Quelques écueils sont fréquemment relevés dans les rapports

  • de trop nombreux candidats font un usage inconsidéré des guillemets. Cet outil a son utilité, et permet notamment de citer un texte. La plupart du temps, lorsqu’il est utilisé dans les copies, il est un moyen pour le candidat de s’excuser pour un vocabulaire peu adéquat. L’artifice des guillemets ne leurre pas les correcteurs !
  • les abréviations de sigles sont acceptées uniquement si elles ont été définies une première fois dans le texte. Par contre, les abréviations relevant de la prise de notes sont à proscrire ;
  • aérer la copie apparaît indispensable sur des copies à petits carreaux : il est recommandé à ce que les candidats écrivent un carreau sur deux pour améliorer la lisibilité ;

  • les éléments importants du raisonnement peuvent être mis en valeur, par exemple en les soulignant.

Remarques concernant les compétences évaluées

La notation s’établit toujours sur l’acquisition de certaines compétences. Ceci permet de s’éloigner d’un processus de notation en négatif qui tient seulement compte de ce qui manque par rapport à un « absolu » parfait. L’attribution des points à partir d’acquisition de compétences permet de prendre en compte ce que le candidat a fait, la démarche qu’il a suivie, en respectant sa façon de faire. Cette notation est dans la continuité de ce qui sera attendu des futurs étudiants dans les écoles. La classe préparatoire est une partie intégrante du cursus de formation, où commencent à se construire les compétences sur lesquelles les écoles fondent leur formation d’ingénieur.Reportez-vous aux rapports pour bien relire et assimiler les compétences évaluées au cours de l’épreuve.