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                                            © prepas-svt.fr      téléchargeable sur  IS7 entre papilios

Chez les Papilio dardanus, le dimorphisme sexuel est bien là, soulignant nettement la diécie (= gonochorisme). Vous ne les observerez pas facilement en France, du moins dans la nature, car ce sont des papillons de l’Afrique tropicale, fréquentant particulièrement les zones humides. La surprise est de trouver, dans certaines populations de cette espèce, trois morphes femelles. Pouvez-vous expliquer cette apparente étrangeté ?

Première hypothèse : il pourrait s’agir de femelles à différents stades de maturité… Problème alors, car ce serait oublier que chez les papillons, l’imago qui apparaît lors de l’émergence, en fin de métamorphose, a ses traits de caractères fixés (il n’y a plus de mues et par là pas de réel changement post-métamorphose).

Deuxième hypothèse : ce sont des mutantes ! Là, vous commencez à « réchauffer ». Il apparaît en effet qu’il soit possible de disposer de mutantes, présentant des changements de taille, de formes et de couleurs d’ailes. Ces morphes mutés se retrouvent cependant dans une même population : étrange ? Pourquoi, dans ce cas, dame sélection n’aurait-elle pas fait son travail en sélectionnant un morphe aux dépens des deux autres, comme c’est souvent le cas. La sélection peut-elle ainsi préserver différents morphes dans une même population ? Vous auriez là un exemple de sélection diversifiante, qui s’interprétrait en termes de sélection balancée, participant ainsi au maintien du polymorphisme, mais sans s’occuper directement du sex ratio… au passage.

Explication : et si on avait là un exemple de mimétisme batésien ?

Il s’agit en effet de femelles qui imitent d’autres espèces de papillons fréquentant les mêmes zones humides, espèces toxiques pour les oiseaux prédateurs. Les femelles Papilio ne sont pas toxiques par elles-mêmes, mais les oiseaux les évitent à cause de ce mimétisme. Pourquoi plusieurs morphes et non un seul ? On estime que ce camouflage serait moins efficace si toutes les femelles imitaient une seule espèce toxique, les oiseaux pouvant rapidement comprendre la supercherie. Avec ce triple leurre, les prédateurs potentiels restent vraiment dupés !

Vous noterez cependant, que les oiseaux semblent se fier à une seule apparence, de couleur ! Ils semblent négliger, notamment, la forme de l’abdomen ou la longueur des antennes… Il est vrai qu’en plein vol, il peut être difficile d’être aussi vigilants…


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