tipe


La rentrée est passée, et vous travaillez déjà vos Tipe’s. 

Certain(e)s s’interrogent sur la difficulté de mettre en œuvre leur travail, à cause de l’éloignement de leur lycée d’un littoral océanique… ou d’anciennes formations océaniques ! Qu'à cela ne tienne ! L’obtention puis l’exploitation de données prises sur le terrain sont toujours judicieuses dès lors qu’on en a la possibilité, mais le thème océan peut également s’appuyer sur des données obtenues auprès d’organismes de recherche, des services d’Etat, des régions, des départements, ou encore d’associations et de sociétés savantes. Toutes et tous disposent de nombreux documents (images satellitaires, photo-aériennes, cartes, relevées de terrain, comptages, forages, etc. …) et les proposent en ligne.

Pour faciliter votre travail, prepas-svt / prepas-bio  cette nouvelle rubrique d’aides : biblio- et infographies, contacts avec des laboratoires, accès à des bases données, idées de thématiques si vous êtes en recherche de sujet, aide en ligne par des réponses rapides à vos interrogations

N’hésitez pas à nous contacter. Nous essayerons de vous communiquer le plus rapidement possible nos suggestions. Bon courage !

Quelques exemples de bibliographie utile

  • plusieurs numéros spéciaux de Pour la Science et La Recherche ont traité des océans. Consultez les archives accessibles en ligne. Le CDI sinon le laboratoire de  SV-ST de votre lycée sont certainement abonnés à ces revues ;
  • cours d'Océanographie Physique de l'Université de Liège (sous format PDF) : http://modb.oce.ulg.ac.be/cours/OCEANO/ocea0010-1n...
  • introduction à la télédétection, avec idées de TD…, cours de Claude Kergomard, professeur, département de géographie / ENS de  Paris (sous format PDF) http://www.geographie.ens.fr/IMG/file/kergomard/Te...
  • notions fondamentales de télédétection, éditées par les publications des Ressources Naturelles du Canada (en français, sous format PDF) https://www.rncan.gc.ca/sites/www.nrcan.gc.ca/file...
  • revue et documents de l’Institut Français de la Mer (IFM) : articles et données, fiches documentaires accessibles en ligne sous format PDF http://www.ifmer.org/revue-maritime/les-revues/  ou http://www.ifmer.org/
  • introduction à l’énergie des vagues, dossier PPT, Aurélien Babarit, Laboratoire d’hydrodynamique, d’énergétique et d’environnement    atmosphérique Centrale Nantes https://formationemr16.sciencesconf.org/file/26674...
  • Encyclopédia Universalis : nombreux articles sur le thème océan  avec des propositions de cartes mentales, accessibles sur le site de l’Encyclopédie (votre CDI dispose d’un abonnement en ligne au site de l’EU)  

Des sites à consulter

Quelques idées de thématiques à exploiter

  • variations eustatiques et lignes de rivages
  • la salinité des eaux océaniques
  • les bouchons vaseux estuariens, contact entre les eaux océaniques et les eaux douces
  • dépôts littoraux et courants côtiers
  • impact des tempêtes océaniques sur le trait de côte
  • la houle (formation, énergie exploitable…)
  • les gyres océaniques et les continents de plastiques
  • l’étagement des algues : facteurs de distribution et caractères adaptatifs
  • la couleur des eaux océaniques
  • les spartines, pestes végétales des littoraux
  • les rhizaires, pourvoyeurs de sédiments océaniques 

Des questions ?

Contactez-nous , rubrique "contacter". Réponses rapides...

Question 1

Bonjour, Je suis élève en Bcpst et j’ai retenu comme sujet de Tipe une étude sur les effets des plastiques sur la faune marine. Je ne me rends pas compte si ce sujet est réalisable, s’il est possible de réaliser des expériences et si des données existent déjà sur ce thème. Pouvez-vous m’aider ? Merci beaucoup

Réponse

Vous êtes sur un thème d’actualité ! et même si votre lycée est situé au-delà d’un littoral…, il y a des choses à faire sur le sujet.

Quelques précautions cependant :

  • pas de manipulations mettant en jeu faune marine et nanoplastiques ! Les expériences ne sont pas là pour nuire au vivant… et vous le payerez cher au concours. Votre enseignant a certainement du vous mettre en garde à ce sujet ;
  • d’autres expériences, manipulations, mesures peuvent cependant être effectuées sur ce que sont les nanoplastiques, leur diversité (de taille, de composition chimique…), leur distribution dans une couche d’eau…, salée ;
  • beaucoup de données sont désormais disponibles car de nombreux organismes, laboratoires, chercheurs travaillent sur ce thème. A vous de les intégrer dans une démarche cohérente, et de les exploiter en réponse à la problématique que vous aurez définie.

Vous pourrez trouver quelques idées en consultant des articles associés à un colloque qui s’est tenu récemment en France (juin 2019) : « Premières rencontres du GDR Polymères et Océans », Créteil. Vous pouvez les consulter en tapant sur https://po2019.sciencesconf.org/program.

De très nombreuses thématiques y ont été abordées, et des comptes rendus sont disponibles (téléchargeables) sous format PDF. Voici une sélection concernant votre sujet, dans laquelle vous pouvez trouver quelques informations utiles et des possibilités de contact :

Bon courage !

Question 2

A propos des Tipe, nous avons choisi de travailler sur l’impact des crèmes solaires sur les écosystèmes océaniques. Que nous conseillez-vous de faire ?

Merci pour votre réponse

Réponse

Encore un thème d’actualité… mais qui reste peu documenté sur le plan scientifique (par contre, les articles de mensuels, hebdomadaires et autres « people » ne manquent pas sur le sujet) !

Un conseil : tachez de restreindre votre travail à « un » écosystème océanique. Vous éviterez des généralisations sans doute abusives, et vous pourrez choisir « votre » écosystème : n’oubliez pas en effet que chaque écosystème diffère des autres par son biotope, sa biocénose… Vous pourriez également limiter votre travail à l’impact sur le seul biotope de l’écosystème retenu : les crèmes solaires jouent-elles sur la salinité ? Ont-elles un effet sur la pénétration de la lumière voire de certaines longueurs d’ondes au sein d’une masse d’eau ? Peuvent-elles modifier la concentration en dioxygène des eaux, de surface comme de profondeur…

Voici quelques interrogations auxquelles vous pouvez apporter des éléments de réponse de façon expérimentale. Il est évident que ces effets, si ils existent…, ne seront pas sans conséquences sur la macrofaune ou les populations végétales océaniques, ou encore le plancton.

N’oubliez pas dans ces approches qu’il existe de nombreuses crèmes solaires et que certaines se réclament d’être plus « écologiques » que d’autres. Vous pouvez tenter également de tester la biodégradabilité de ces crèmes. Il pourrait être intéressant de comparer des produits d’entrée de gamme (nombreux sur les gondoles des supermarchés) à des crèmes notés « bio » par certains fabricants.

Au total, beaucoup d’investigations possibles.

Notez qu’en limitant votre étude à l’impact des crèmes solaires sur un biotope océanique (pour lequel vous pouvez disposer de données précises quant aux différents paramètres qui le caractérisent), vous évitez de faire des tests sur des êtres vivants… que vous placerez en situation de stress ou en conditions rapidement létales. Ce qu’un jury vous reprocherait avec raison.

Parmi les quelques études publiées, les plus nombreuses concernent les récifs coralliens.

Certaines ciblent tel ou tel composant des crèmes solaires : effets des filtres organiques suspectés dans le blanchiment des coraux (oxybenzone - interdit en Europe… -, octocrylène…), des filtres minéraux notamment le dioxyde de titane (susceptible s’induire des troubles importants sur le phytoplancton… d’où un impact sur les chaînes alimentaires) ou encore l’oxyde de zinc. Vous pourrez trouver une liste des filtres suspectés d’être nocifs pour l’environnement  sur le site de l’ONG Coral Guardian mais attention, ces filtres, souvent montrés du doigt, ne sont pas les seuls composants des crèmes solaires !

Vous pouvez également contacter le laboratoire d’Ifremer à Nantes qui disposent de certaines données sur l’impact de certains composants des crèmes solaires, notamment sur les crustacés et divers lamellibranches.

Bon courage ! 

Question 3

Bonjour ! Je suis élève en deuxième année de BCPST à …, et nous avons choisi avec mon groupe de travailler sur la dynamique des populations des pholades, mollusques faisant des trous et vivant dans des cailloux que l'on trouve sur les plages aux alentours de La Rochelle par exemple. L'énoncé exact de notre problématique est le suivant : « Peut-on étudier les paramètres de dynamique de population des pholades grâce la densité des trous dans les galets et à leurs caractéristiques ? ». Que pensez-vous d'un tel sujet, traitant clairement d'un chapitre que nous aborderons d'ici la fin de l'année en biologie ? Auriez-vous des idées de manipulation, afin de rendre compte de l'âge des trous, de la mortalité et des pics de population dont les cailloux pourraient être témoins? Merci d'avance pour votre réponse.

Réponse

Sujet original !… que votre enseignant a certainement validé. Vous aborderez en effet le thème de la dynamique des populations dans quelques mois, ce qui vous permettra sans doute d’améliorer la rédaction de votre rapport. Cela dit, il faut que vous sachiez ce que sont les « paramètres » d’une dynamique de population puisque vous en avez fait l’axe de votre problématique.

Quelques précisions (réflexions, et conseils), donc :

- une population désigne l’ensemble des individus d’une même espèce rencontrés dans un milieu donné (biotope) durant une période donnée. Il faut donc que vous ayez défini une espèce précise de pholades, ce qui n’est pas toujours aisé… car derrière les « pholades », terme regroupant dans le langage courant des bivalves perforants parmi lesquels se cachent divers genres, diverses espèces, voire diverses familles ! Par exemple, Pholas dactylus est sans doute l’espèce la plus pertinente (elle est présente sur les côtes charentaises). Elle appartient à la famille des Pholadidae. On connaît d’autres espèces du genre Pholas. Parmi les Pholadidae, Barnea candida, Barnea parva,Zirfaea crispata… sont toutes des espèces perforantes… qui appartiennent à d’autres genres, et se retrouvent en Manche, Mer du Nord, Atlantique également… ; elles sont cependant moins fréquentes sur les côtes charentaises. Vous comprendrez qu’il est indispensable, pour respecter la notion de « population », de savoir identifier ces différentes espèces et différents genres, en choisir une... Il faudra donc « trouver » des roches percées contenant des coquilles…, extraire ces dernières, pour tenter une identification (cette dernière se fait pour beaucoup à partir de critères établis sur la forme et l’organisation des valves) ! Par contre, Petricola pholadiformis appartient à la famille des Veneridae (ce n’est pas une « vraie » pholade) et peut être assez facilement confondue avec Barnea candida… (vraie pholade) : c’est une espèce introduite, qui peut être présente sur le littoral atlantique. Attention, donc ! car un manque de rigueur sur ce point induirait des biais importants dans votre travail ;

- le programme de Bcpst (item Dynamique des populations) indique 4 paramètres démographiques (natalité, mortalité, sex-ratio, fécondité, taux d’accroissement) utilisés dans les modèles mathématiques, car susceptibles d’influer sur la dynamique d’une population. Il semble clair que vous ne pourrez pas exploiter l’ensemble de ces paramètres à partir du seul comptage des trous…, notamment la natalité, le sex-ratio ou encore la natalité. Il sera difficile également d’appréhender véritablement la mortalité, sur une période donnée.

Pour répondre à vos interrogations :

travailler « sur des cailloux » : attention ! ces « cailloux » sont des fragments de roches, de galets, arrachés par l’érosion littorale à des formations en place… qu’elles soient rocheuses (calcaires,principalement sur le littoral charentais ou encore argiles compactées…), voire tourbeuses (fréquentes sur ce même littoral). Un travail sur « cailloux » ne reflète en rien l’état des populations installées plus au large. Là-encore, vous risquez d’introduire un biais important dans votre analyse ;

rendre compte de l’âge des trous : même en travaillant dur des roches percées de même nature, il n’est guère possible de déduire de la profondeur ou du diamètre d’un trou l’âge de ce même trou. Ces éléments dépendent de la croissance de l’animal, de son métabolisme, mais aussi du substrat foré. La seule possibilité serait de travailler sur des trous occupés par des coquilles de pholades, qu’il faudrait extraire. Vous pourriez alors, par les stries de croissance repérées sur les valves, déduire l’âge de cette coquille et de là l’âge du trou… Pas très facile ;

rendre compte des pics de population : croyez-vous pouvoir l’estimer à partir du nombre de trous sur une surface donnée (/cm2 ?). Cette approche nous semble très indirecte et critiquable : vous envisagez de travailler sur des galets ramenés au rivage (éléments altérés, érodés, fragmentés…) et non sur une roche en place.

Autres éléments qui pourraient vous être utiles :

Pholas dactylus est une espèce gonochorique (sexes séparés, individus mâles et individus femelles) ;

- cet animal peut vivre jusqu’à 14 ans et la littérature indique que la maturité sexuelle peut être atteinte au bout de la première année ;

- généralement, lorsqu’on ramasse « un caillou » percé, foré par ces pholades, et qu’on observe des valves dans les trous…, ces animaux sont déjà morts. La signature de cette mort est indiquée par la blancheur des valves. Par contre, lorsque l’animal est vivant, ces valves sont - extérieurement - jaune pâle. Cette couleur est donnée par le périostracum, couche externe de la coquille ;

- la fécondation a lieu l’été, entre juin et août. Après un développement embryonnaire (en pleine eau) très court, le cycle de développement se poursuit par un stade larvaire (larve véligère comme chez les autres lamellibranches) qui très vite tombe sur le fond (énorme mortalité pendant cette période larvaire). Si le fond est compact et assez tendre (calcaire, argile, tourbe…), l’animal se fixe au substrat par un byssus (cf la moule) et lorsque la coquille se calcifie, le forage du substrat commence. Ce temps de fixation est un stade critique pouvant entraîner une très forte mortalité ;

Pholas dactylus est une espèce strictement protégée. Donc ramassage interdit des animaux vivants, et par là… expérimentations interdites sur ces organismes. Par contre, vous pouvez opérer sur des animaux morts qui ont pour témoins leurs seules valves ;

- à la différence de nombreux autres mollusques voire lamellibranches, les publications relatives aux pholades sont peu nombreuses, exceptées celles concernant leur bioluminescence.

=> vous comprendrez que nous restons quelque peu dubitatifs quant à la résolution de votre problématique. Cela dit, cette problématique est en elle-même tout-à-fait correcte (dans sa formulation interrogative) : vous vous interrogez sur une possible étude de paramètres susceptibles d’établir la dynamique d’une population de pholades. Votre travail pourrait alors conduire à démontrer qu’il n’est pas facile de déterminer avec rigueur ces paramètres. Cela correspond-il vraiment à ce que peut attendre et accepter un jury de Tipe ? Très sincèrement, ça tient d’un pari qui peut s’avérer risqué ! N’hésitez pas à en discuter avec votre enseignant. Il sera de bon conseil.


Question 4 
Nous travaillons sur le recul du trait de côte dans les côtes d’Armor. Pour cela, nous utilisons des photographies aériennes réalisées au cours de différentes missions depuis 1950. On voulait réaliser un calque de chaque photo et superposer ces calques pour déterminer et mesurer les modifications du trait de côte. Notre problème a très vite été de ne pas pouvoir vraiment superposer ces calques en prenant en compte des repères fixes : un bâtiment, un petit carrefour…. On nous a dit qu’il fallait utiliser des clichés orthorectifiés. De quoi s’agit-il ? Comment en obtenir ? Pouvez-vous nous aider.

Merci pour votre réponse.

Réponse

En effet, l’altitude des avions effectuant les prises de vue,  les angles des prises de vue, les modifications du relief… peuvent induire des déformations et spécifient chaque cliché. Ajoutez à cela que selon les époques et les missions de l’IGN, les échelles des différents clichés ont pu être de 1/15 000 ou 1/30 000 par exemple ! Il devient alors difficile d’obtenir de réelles superpositions et l’utilisation des clichés doit se limiter à une simple interprétation visuelle.

Pour gommer ces difficultés, une première possibilité est de reporter les indications de chaque cliché sur un fond cartographique, mais le travail est fastidieux. Dans ce cas, utilisez les fonds de cartes au 1/25 000 de l’IGN qui constituent a priori les meilleures références actuelles. Attention cependant : ce mode opératoire peut introduire de petites erreurs. Difficile dans ce cas de quantifier correctement par exemple un recul de la côte.

La seule façon d’opérer à peu près correctement est en effet d’effectuer une orthorectification. C’est une technique photogrammétrique qui permet de déformer une image numérique pour la rendre conforme à une projection cartographique. Ce qui aujourd’hui peut se faire de façon informatique par des logiciels géomatiques assez faciles à manipuler et pas trop onéreux. Certains sont téléchargeables (moyennant finances…) sur Internet. Les dernières campagnes de l’IGN fournissent des clichés directement rectifiés. Ce qui facilite le travail et peut s’avérer suffisant pour étudier une modification du trait de côte puisque ce dernier a été fortement affecté depuis une vingtaine d’années. Pour information, les lycées peuvent établir une convention avec l’IGN et disposer gratuitement de pas mal de données (voir le site de l’IGN), mais l’établissement d’une convention n’est pas immédiat et il doit être réalisé par le CDI de votre établissement et être visé par le chef d’établissement.

Selon les secteurs, on trouve également « sur le marché » (sur le Net parfois) des suivis au cours du temps du trait de côte, notamment à l’aide de cathéomètres ou de GPS différentiels. Les régions, les départements ont ainsi investi pas mal d’argent dans cette surveillance et des rapports « consistants » sont disponibles sur demande.

Le Cerema (établissement public, Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement) peut également disposer d’informations intéressantes. Consultez leur « open data » :

https://www.cdata.cerema.fr/geonetwork/srv/fre/catalog.search#/search?resultType=details&sortBy=title&from=1&to=20

Toujours auprès du Cerema, vous pouvez également retrouver d’autres informations en cliquant sur :

https://www.cerema.fr/fr/activites/amenagement-cohesion-territoires/gestion-du-littoral-mer/gestion-du-trait-cote.

Enfin, un article peut également vous être utile. Il concerne notamment le recul du trait de côte en Bretagne, avec quelques données précises concernant les côtes d’Armor : Stéphan P., Blaise E., Suanez S., Fichaut B., Floc'h F., Cuq V., Le Dantec N., Ammann J., David L., Delacourt C.

Long, Medium to Short-Term Shoreline Dynamic of Brittany Coast (Western France), J Coast Res. 2019, SI 88 - in press.

 

Question 5
N
ous travaillons nous aussi sur le trait de côte et nous nous posons plusieurs questions : comment fait-on pour déterminer le trait de côte sur des photos aériennes ?  Peut-on utiliser comme repère le « zéro » des cartes d’un littoral ? Merci beaucoup.

Réponse

Le vrai problème qu’il n’y a pas de définition absolue du trait de côte. En premier lieu, définition de bon sens, on pourrait dire qu’il s’agit de la limite entre terre et mer. Est-ce cependant suffisant, et comment l’établir ?

Le trait de côte est par essence fluctuant, puisque la plupart des zones littorales de métropole comme de l’outremer sont soumises aux effets de la marée. Pour le Shom (Service hydrographique et océanographique de la marine), le niveau de référence est la « la ligne d’intersection de la surface topographique avec le niveau des plus hautes mers astronomiques », soit le niveau de la marée haute pour un coefficient de 120 lorsque les conditions météorologiques sont normales (pas de vent du large, pas de dépression atmosphérique susceptible d’élever le niveau de la mer. C’est ce niveau que vous retrouvez sur les cartes marines qu’utilisent marins et autres voileux (zéro hydrographique). Ce niveau est établi à partir des mesures réalisées par les marégraphes et le problème est que d’un point du littoral à l’autre, pour des raisons amphidromiques notamment, l’amplitude de la marée varie. On choisit donc pour chaque carte marine un port de référence, le Shom ayant défini pour la France 16 zones de marées.

Autre problème : lorsque vous utilisez les cartes topographiques de l’IGN (Institut Géographique National), la référence est un niveau de référence « fixe », l’IGN 69, niveau moyen de la Méditerranée mesuré par le marégraphe de Marseille ! A priori…, plus pratique ! 

Pour la France, la différence entre le zéro des cartes marines et le zéro des cartes terrestres est mise à jour périodiquement par l’intermédiaire d’une publication du Shom, les Références Altimétriques Maritimes. Par exemple, le zéro « hydrographique » est actuellement de - 2.69 m à Calais par rapport à l’IGN 69, de - 6.29 m à St Malo, de - 3.64 m à Brest… Il est donc peut être plus simple d’utiliser la référence de l’IGN… lorsque vous tentez de faire des mesures +/- précises mais il faudra que vous gardiez toujours une réflexion critique sur ces valeurs.

Reste qu’il vous faudra établir une correspondance entre cette référence cartographique et les photos aériennes que vous allez utiliser. Vous pourriez vous baser sur les laisses de mer… mais elles vous indiquent une position quasi-instantanée, celle de la dernière marée haute !... peu repérable sur des côtes rocheuses. Vous pourriez tout autant prendre en compte l’installation de la végétation mais celle-ci peut correspondre soit à la limite bas de plage / haut de plage (premières espèces halophiles et psammophiles, +/- éparses) soit au début de la première dune, souvent soulignée par le trait +/- continu des populations d’oyats et de joncs maritimes.

Bref, vous comprendrez que le trait de côte peut être caractérisé par différents marqueurs qui dépendent des données disponibles. « Votre » trait de côte risque d’être, selon les éléments dont vous disposez, plus une « bande ou frange côtière » qu’un réel trait !

Cela dit, vous cherchez sans doute à évaluer la position du trait de côte sur des périodes différentes, pour discuter de son recul (vers le continent => en quelque sorte, un processus de rétrogradation), de son avancée (vers la mer ou l’océan : progradation) ou encore de sa stabilité. Dans ce cas, vous avez une approche probablement locale, ce qui permet d’utiliser les mêmes marqueurs. En prenant pour repère une construction humaine (pérenne sur quelques dizaines voire une centaine d’années : route, calvaire, église ou autre bâtisse), en précisant le marqueur utilisé (un seul si possible), vous pourrez donc évaluer la fluctuation de cette bande côtière sur une période donnée (attention en effet aux échelles temporelles : saisonnière, annuelle, décennale, événementielle…) mais gardez bien en tête les biais que vous avez introduits lors de votre étude. 


Question 6

Concernant le TIPE nous travaillons sur l'écholocation et les sonars mais nous ne trouvons pas vraiment de problématique. Pouvez-vous nous aider ?

Réponse

Deux remarques pour commencer :

-   il nous apparaît difficile de définir une problématique (donc de vous aider efficacement) ne connaissant pas la dominante (biologie, sciences de la Terre ou mixte) vers laquelle vous vous orientez. Le thème de l’écholocation et des sonars peut en effet concerner l’utilisation des sonars dans l’étude des fonds sous-marins (bathymétrie…), ou encore l’utilisation du sonar et de l’écholocation par certains animaux marins (cachalot, orques, narvals, dauphins, marsouins, baleines à bosse…) pour se repérer dans leur environnement, chasser ;

-   plus simplement, votre question est peut-être incomplète et avez-vous oublié de nous dire que vous travailliez sur les dauphins ou autres odontocètes - par exemple -, et que vous aviez du mal à rédiger votre problématique ! Nous ne pouvons pas imaginer, en effet, un quelconque travail de Tipe, engagé depuis trois mois, sans qu’un objectif d’étude ait été envisagé et que votre enseignant vous a laissé errer ainsi pendant tout ce temps… 

Si vous avez effectivement engagé une recherche sur l’écholocation des dauphins (ou alliés), une problématique intéressante serait de discuter, in fine, de la pollution sonore présente dans le domaine océanique (origine humaine : passage de navires, ou +/- naturelle : fonte des glaces et chute d’icebergs), pollution susceptible de brouiller le système d’écholocation de ces animaux et risquant à terme de les affamer ou encore de les désorienter, ce qui serait une explication à certains échouages (funestes) que l’on peut constater chaque année sur les côtes.

Vous pouvez alors, dans ce cadre, avec l’aide de votre professeur de physique, réaliser diverses expériences à l’aide d’émetteurs / récepteurs d’ultrasons dont disposent la plupart des laboratoires des lycées (ce genre de manipulations a été dans un passé récent source de nombreux problèmes de physique « tombés » dans divers concours !).

Une approche totalement différente pouvait être également envisagée, en orientant votre travail vers une analyse évolutive. Savez-vous qu’une protéine de la membrane latérale des cellules ciliées externes de la cochlée, (organe sensible de l'oreille interne des mammifères), la prestine, apparaît être une (la ?) molécule déterminante de l’écholocation, tant chez les odontocètes que chez les chauves-souris (convergence) ? En réponse à des changements de champ électrique dus à l'entrée d'ions potassium dans la cellule, sous l'effet d'une stimulation sonore, la protéine change de conformation. Sa liaison avec le cytosquelette entraîne alors la contraction ou l’allongement des cellules ciliées externes, ce qui fournit de l'énergie amplifiant la vibration initiale, rendant ainsi la cochlée plus sensible à certaines fréquences… La séquence nucléotidique du gène codant la prestine a ainsi été établie chez le cachalot, plusieurs espèces de dauphins, une baleine à bosse… ce qui a permis de proposer un arbre phylogénétique des odontocètes et de discuter des modalités d’évolution de ces animaux !