Pour La Science – août 2025 / n°574
- Condensats biomoléculaires : une nouvelle clé de l’organisation cellulaire, Ball
Après les biofilms…, voici les condensats biomoléculaires ! Ces derniers sont principalement des assemblages nucléoprotéiques (ARN-protéines) dynamiques, présents au sein des cellules, et dont on commence à découvrir les multiples implications dans le fonctionnement cellulaire. Certains chercheurs considèrent qu’ils sont un reflet (un vestige ?) des premières associations moléculaires à l’origine de la vie. On les qualifie de condensats car ces assemblages se font et se défont selon les conditions physico-chimiques régnant au sein de certains territoires cellulaires – à l’image d’une condensation de vapeur d’eau en gouttes ou d’une séparation de phase entre eau et huile -. Il apparaît qu’ils interviennent lors de chocs thermiques pour en atténuer les effets, qu’ils participent à certains mécanismes de réparation de l’ADN ou encore participent à la mise en place des transcriptomes et protéomes en favorisant par exemple l’assemblage des ribosomes ou à l’empilement des saccules golgiens. Leur dégradation est suspectée dans le développement de certaines maladies !
L’originalité des condensats est aussi structurale : leurs protéines présentent souvent des extrémités établissant des liaisons faibles et peu sélectives avec d’autres molécules et des segments intercalaires désordonnés et flexibles. Ces extrémités peuvent être modifiées par ajout d’ions (PO43-…) après intervention de certaines enzymes. Les ARN sont multiples : ARNm, mais aussi ARN non codants.
En favorisant les interactions moléculaires et la formation de compartiments organisés, ils pourraient avoir été des acteurs prébiotiques.
- Comment les racines s’orientent en direction de l’eau, Bellin
La recherche d’eau de la solution du sol est, pour les racines, affaire de croissance, de gravitropisme, et d’hydrotropisme. Au niveau de la racine principale, le gravitropisme est l’acteur principal de cette recherche, et la racine doit s’affranchir de son effet pour se diriger vers des zones où l’au est plus disponible. L’utilisation de mutants, combinée à la suppression du gravitropisme (cf la roue de Knight) a permis de montrer qu’un gène (MIZ1) dont l’expression semble stimulée là où le sol est sec, inhibait le gravitropisme, permettant à l’hydrotropisme d’opérer.
- Le mimétisme malodorant de certaines fleurs,Bellin
N’allez pas croire que toutes les interactions entre insectes et plantes sont établies sur un système de récompense offerte (nectar…) au pollinisateur. Certaines plantes préfèrent diffuser des odeurs fétides, principalement des oligosulfures, pour attirer moucherons et autres coléoptères. Les voies métaboliques impliquées dans la synthèse de ces molécules commencent à être comprises et signent des exemples de convergence évolutive.
Pour La Science – juillet 2025 / n°573
- Les deux épisodes de la « Terre boule de neige » ont-ils eu des fins différentes ? Butor
Et bien…, pas tout-à-fait ! Entre -717 et -661 Ma, la Terre a été presqu’entièrement englacée : cette glaciation « sturtienne » a donc duré 56 Ma. La seconde, la glaciation « marinoenne » s’est terminée il y a 635 Ma et aurait duré environ 4 Ma (datation dans des cendres volcaniques). Le premier épisode semble s’être terminé avec la conjonction de deux mécanismes : une accumulation de CO2 dans l’atmosphère, réchauffant cette dernière par effet de serre, et due par l’effet cumulé d’une forte activité volcanique et d’une moindre érosion silicatée fonctionnant comme une pompe à CO2. Le deuxième est plus discuté (très court !). Il serait la conséquence de la variation de l’albedo (l’accumulation de glace réfléchit le rayonnement solaire vers l’atmosphère et renforce l’englacement). Un épisode volcanique important aurait déposé des cendres sur la glace, réduisant l’effet albedo et par là favorisant le réchauffement. L’hypothèse reste à valider.
ZOOM Nature – août 2025
Sur Zoom Nature, 3 nouvelles chroniques proposées cette semaine
- les éphémères, insectes aquatiques iconiques https://www.zoom-nature.fr/les-ephemeres-des-insectes-aquatiques-iconiques/
- les plantes aquatiques , 1ù des plantes terrestres https://www.zoom-nature.fr/plantes-aquatiques-une-minorite-foisonnante-parmi-les-plantes-terrestres/
- les chenilles mineuses du chêne https://www.zoom-nature.fr/mines-blanches-sur-feuilles-de-chenes/